Dans la foulée du dépôt du budget du gouvernement du Québec, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) réitère que, dans un contexte de pressions croissantes sur les finances du transport collectif, les gains d’efficacité demeurent la principale voie pour préserver l’offre de service sur le territoire métropolitain à court terme.
Des finances sous pression, une seule voie possible : faire des gains d’efficacité
Le retour des usagers dans le réseau se poursuit depuis la pandémie, mais de façon inégale selon les territoires et les modes de transport. Parallèlement, les coûts d’exploitation, d’entretien et de maintien des infrastructures continuent d’augmenter, exerçant une pression directe sur les finances du réseau.
Dans ce contexte, le cadre financier convenu avec le gouvernement du Québec et les municipalités du Grand Montréal fixe des cibles d’optimisation de 331,6 M$ entre 2025 et 2028, ainsi que 155,6 M$ d’économies récurrentes annuelles à compter de 2028. Pour les atteindre, les organismes de transport sont appelés à générer des gains de productivité internes, tandis que l’ARTM pilote plusieurs chantiers métropolitains afin d’améliorer l’efficacité du réseau tout en limitant l’impact sur les usagers.
« Au cours des derniers mois, les équipes ont mis les bouchées doubles pour accélérer les chantiers d’optimisation en cours. Chaque décision est prise dans l’objectif de préserver ou d’améliorer le service, tout en identifiant des sources d’économies récurrentes », souligne Benoît Gendron, directeur général de l’ARTM.
Aucune solution miracle pour le maintien de nos actifs
Plusieurs infrastructures de transport collectif, mises en service dans les années 1960, atteignent aujourd’hui un niveau de vétusté préoccupant. Le maintien des actifs demeure donc un enjeu central : sans interventions adéquates, les coûts d’entretien augmentent et la fiabilité des services se fragilise. La bonification de 500 millions annoncée au PQI 2026-2036 pour le maintien des actifs est une bonne nouvelle en soi. Cependant, la ventilation de l’augmentation des sommes disponibles se retrouve dans le deuxième quinquennat ce qui fait en sorte qu’à court terme les besoins ne seront pas comblés.
« Au-delà du contexte économique difficile, des investissements importants restent nécessaires pour assurer le maintien de nos actifs. Il n’existe aucun raccourci : sans investissements suffisants, le réseau se détériore, avec des conséquences bien réelles, tant pour les finances publiques que pour les usagers », affirme Benoit Gendron.
Une évolution du modèle de financement essentielle
À court terme, l’optimisation et des investissements ciblés restent la clé pour stabiliser le réseau, mais confirment les limites du modèle de financement actuel, alors que plusieurs sources de revenus s’érodent.
Le budget fait état d’un déficit d’environ 3 G$ au FORT, en plus, cette année, ce qui renforce la nécessité de revoir en profondeur le financement du transport collectif.
À moyen terme, l’ARTM estime qu’une modernisation du financement est nécessaire pour assurer la pérennité du réseau. Elle appuie le Chantier sur le financement de la Politique de mobilité durable 2030 et souhaite contribuer à l’évaluation de nouveaux outils de financement.
L’ARTM souligne aussi l’importance d’une entente Québec-Canada afin que le Fonds pour bâtir des collectivités fortes et le Fonds pour le transport en commun du Canada puissent soutenir sans tarder le transport collectif du Grand Montréal.